Vacances scolaires : Vendre des mouchoirs papiers jetables pour pouvoir aller à l’école

Article : Vacances scolaires : Vendre des mouchoirs papiers jetables pour pouvoir aller à l’école
11 octobre 2010

Vacances scolaires : Vendre des mouchoirs papiers jetables pour pouvoir aller à l’école

Fousseini dans un Maquis

Comme on le dit souvent : « Au Faso, il y a les uns, les autres et les et cetera. »
Pendant que certains écoliers profitent de leurs vacances scolaires en se faisant offrir un voyage en colonies de vacances. D’autres se font inscrire à des cours de musique, danse. Pour la grande majorité des écoliers de la capitale, l’heure est à l’action. Car, la rentrée scolaire se prépare dès maintenant.

Ils ont entre 7 à 14ans, Ils sont tous de jeunes garçons. Ils sillonnent les débits de boisson de Ouagadougou communément appelés « maquis ». Ils proposent aux clients assis autour des tables des « maquis », où la musique est presque assourdissante, de petits paquets de mouchoirs papiers jetables appelés lotus quand bien même c’est une autre marque. On les rencontre aussi dans les grandes artères de ouaga, devant les parkings de moto, au niveau des services et des petits marchés appelés « Yaar ». On pourrait dire qu’on les rencontre partout où il y a de l’affluence.

Difficile de refuser un paquet de mouchoirs jetables qu’un enfant te tend, presque de force, pendant que tu as 100Fcfa en poche, dans le porte-monnaie. Encore plus difficile, quand de grosses goûtes de sueur coulent de ton visage et de ton corps.
Mieux devant une bouteille de bière fraîche et un plat de poulet « bicyclette », il faut un paquet de mouchoirs jetables.

C’est ainsi que, de maquis en maquis Fousseini Ouédraogo, 11 ans, élève en classe de 1ère année d’étude au collège, se fait un bénéfice de vente de 400 à 1000Fcfa/jours.
Son défi est d’économiser suffisamment d’argent pour son transport, son déjeuner de tous les jours d’école. Il doit également pouvoir s’acheter quelques fournitures scolaires pour prêter mains fortes à ses parents. Son père est un ouvrier saisonnier et sa mère vend des légumes au marché du secteur où ils habitent. Ils sont presque désœuvrés et vivent des maigres revenus qu’ils ont quotidiennement.
Fousseini est bon élève. Il a réussi à son Certificat d’Etude Primaire avec une bonne moyenne. Cela, lui a valu une place gratuite au Lycée Philippe Zinda Kaboré (lycée d’enseignement public). Le lycée se situe au centre ville et Fousseini aura à parcourir 20km par jour, pour s’y rendre et revenir à la maison.
C’est pourquoi, Fousseini a entrepris de vendre des mouchoirs jetables durant ces périodes de vacances afin de pourvoir s’adapter à sa nouvelle vie de collégien.
Pour mener son activité, Fousseini quitte le domicile parental à 7h du matin. Avec 400Fcfa en poche, il achète dans une alimentation, un emballage de six (06) paquets de mouchoirs jetables. Par emballage, Fousseini gagne 200Fcfa de bénéfice. Ainsi à la fin de sa journée qui est prévu pour 20h, il accumule entre 400 à 600Fcfa de bénéfice.
Très économe, Fousseini ne déjeune pratiquement pas. Un sachet d’eau à 25Fcfa et des cacahuètes achetées à 50Fcfa lui suffissent pour toute la journée.

Fousseini compte procéder ainsi tous les jours pendant les trois (3) mois de vacances.
Il espère obtenir une bourse d’étude et promet une année scolaire couronnée de succès.
Il ambitionne devenir comptable. Nous lui donnons rendez-vous dans six (6) ans pour l’obtention de son diplôme d’aide comptable.

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