Coulibaly

Hier, le chat a attrapé la lune au Burkina Faso

Eclipse lunéraire 15 juin 2011

 Chez nous au Faso, précisément à l’ouest du Burkina,  lorsqu’il y a éclipse lunaire on parle de « djakouma yé kalo minè » ce qui veut littéralement dire en langue Dioula, «  le chat a attrapé la lune ».

Loin des considérations scientifiques, la croyance est rependue que lorsqu’il y a éclipse lunaire,  il faut taper sur des instruments pouvant produire du son en  psalmodiant  un chant qui supplie ainsi le chat de  libérer la lune.

Ce qui fait que, je n’ai pas été surprise,  hier, d’entendre de chez moi, toute une cacophonie provenant des ruelles de la ville de Fada N’gourma ( une ville de  la région de l’est du Burkina Faso) en observant l’éclipse lunaire.

Ainsi de 20h 15  jusqu’à ce que je m’endorme, des enfants battaient tout ce qui leur tombait sous la main en fredonnant une chanson dont je  ne pourrai pas dire le contenu étant donné que je ne comprends pas la langue de la région « le gourmancheman ».


Chefferie coutumière au Burkina : Du ministre des télécommunications au Chef de Matiacoali

Chef Yentchuli de Matiacoali entouré des sages

Ce vendredi 3 Juin 2011, l’ancien ministre des télécommunications Tiéba Justin Thiombiano a été intronisé chef de Matiacoali.

Matiacoali est une localité situé à l’Est du Burkina, sur l’axe Ouagadougou-Niger. En ce jour d’intronisation, Parents, amis et  anciens collègues du nouveau chef ont fait acte de leur présence à Matiacoali.

Après avoir été « Préparé mystiquement » dans une case dévolue pour la circonstance pendant une semaine, le chef  reçoit tout le beau monde  drainé à son domicile pour les festivités de son intronisation.

Assis devant la concession, vêtu d’un boubou blanc avec une large poche. Chaque visiteur désirant lui rendre hommage doit  passer le saluer et mettre un billet de banque ou une enveloppe contenant de l’argent dans la poche de son boubou. Cela se fait sous le regard et le son du tambour, de la calebasse des griots chantant les louanges du chef.

A la cérémonie, on pouvait aussi voir un rituel visant à asseoir cette chefferie : le chef entouré de quelques sages hommes comme femmes ; un jeune homme le ventile avec un éventail ; un autre tient une sagaie en se tenant débout à ses côtés ; un autre accroupie, a devant lui, un plateau rempli de viande crue duquel il extrait la graisse  pour le chef qui se frotte les mains et les lui remet. Sans oublier le dolo (la bière du sorgho) qui coulait à flot. Aucune explication ne m’a été donnée pour ce rituel. On s’en tient à ce qu’on a vu.

Justin Tiéba Tiombiano se nomme désormais « Yentchuli » ce qui signifie antichambre de Dieu.

 


Quand la fusillade est une conséquence de la «Négrine »

« Le Burkina n’a pas de pétrole mais il a Blaise Compaoré ».Ce slogan était dit par des burkinabè satisfaits et fiers de leur Président. Des années se sont succédées, le fossé s’est creusé et ne cesse de s’élargir entre les populations qui comptaient bénéficier des revenus du pétrole. Ainsi, des plaintes se font partout, même dans les maquis. Ce qui dénote d’un état d’insatisfaction et de frustration générale. Que s’est-il donc passé pour que les militaires nous gratifient d’un festival de tirs d’armes depuis la nuit du 23 Mars dernier ?

Pour désapprouver la condamnation de leurs camarades, ceux qui sont censés nous protéger, se sont emparés des armes pour tirer partout dans les villes de Ouaga et de Fada Ngourma (ville située à l’est de Ouaga à environ 210km). Pire, ils pillent les commerces et les essenceries… Malgré la libération des leurs, ils s’attaquent au maire de la ville de Ouaga et saccagent le domicile du Chef d’état major des armées. Avaient-ils besoin de procéder ainsi pour faire attendre leur voix ? Les éléments « des enfants gâtés de Blaise (les officiers) » savent que leur agitation attireraient l’attention du chef suprême surtout quand ils procèdent ainsi. Etant donné qu’ils ne sont pas à leur première tentative. A chaque fois, ils ont eu gain de cause. Qu’à cela ne tienne, nous foutre la trouille de la sorte, est vraiment trop osée.

En réalité, le problème serait « les enfants gâtés » eux mêmes. Leurs éléments se plaignent de leurs attitudes à leurs égards. Ils trouvent qu’ils ont tous les faveurs et les honneurs du régime actuel : belles femmes, grosses cylindrés, des maisons Huppés, comptes en banques bien garnis… Alors que eux ils ont des miettes. Par ailleurs, ce qui serait réellement frustrant, c’est l’existence du népotisme au sein de l’armé. Pour des missions en zone de conflit ou à l’étranger, c’est leurs camarades proches des officiers qui sont sélectionnés. Ils reviennent avec un pactole qui leur permet de s’offrir au moins une villa. Ces derniers narguent leurs camarades qui passeraient peut être toute leur vie sans pouvoir s’offrir une maison.

 « Le progrès continue pour une société d’espérance » un autre slogan, celui de la campagne du Président. Les militaires auraient-ils perdu cette espérance qu’on nous donne?Une dimension de la « Négrine » intervient à ce niveau. Lorsqu’il n’y a pas d’alternance, l’environnement du pouvoir étatique pourri à tous les niveaux même si le Chef est excellent. Ici le pouvoir serait comparable à une eau stagnante, le débit n’est pas renouvelé, les feuille mortes tombent là-dans, le vent y apporte des déchets, les algues y poussent, les animaux aquatiques meurent et pourrissent, l’eau devient noirâtre, impropre à tout.


la « Négrine » des dirigeants Africains !

Il y a quelques années de cela, un de mes amis nigérian m’a dit au cours d’un échange d’idées que     «  Africa is a fanny place ».

Armée de mes armes d’afro optimiste, je l’ai fait ravaler sa phrase avec tous les arguments que j’avais à ma possession. Aujourd’hui, je réalise amèrement qu’il avait raison car on pourrait s’abstenir d’aller au théâtre en suivant l’actualité de certains pays africains puis ce que ces pays sont en eux même des scènes de théâtre ; les dirigeants sont les acteurs principaux et le peuple joue les rôles secondaires.

Si aujourd’hui  j’ôte ma casquette d’afro optimiste,  c’est parce que j’en ai marre de presque que tout ce qui se passe sur mon continent.

On me dira que chaque société passe par une période de turbulence avant d’atteindre la stabilité. On m’a même fait cas des révolutions sociales qu’ont connues les autres continents pour justifier la situation de mon cher continent. Je réponds ici par cette citation qui dit que : «  comparaison n’est pas raison » car fort heureusement nous avons la chance de nous inspirer de l’expérience des autres pour éviter d’y passer. Mais hélas trop d’embuches parsèment les voies du développement africain. Le problème est plus complexe qu’on ne l’imagine. Mais cela ne nous empêche pas de penser la question de cette complexité qui nous pourrit la vie de jour en jour.

En 2010, la plus part des pays africains notamment  les francophones, ont célébré  avec faste le cinquantenaire de leur accession à l’indépendance. On a assisté, grâce aux média, au traditionnel  défilés, au cours desquels chaque pays a brandi son drapeau et a chanté l’hymne nationale devant des « démo créatures » égotique qui pensent rendre service à leur peuple en les vendant même avant leur naissance,  en les assommant et en les tuant au nom de leurs intérêts égoïstes de se maintenir au pouvoir à vie… La seule chose que je  cherchais à savoir sur ces différents pays c’était leur bilan de cinquante années de dépendance pardon, je voulais dire d’indépendance. Mais hélas, je n’ai rien trouvé.   Le bilan que je cherche n’est pas celui de l’inventaire  de l’évolution des villes où on a l’illusion des voitures cylindrées et des immeubles qui poussent de partout mais qui ne respectent pas les normes de construction. Ce n’est pas non plus la construction des quelques hôpitaux et centres médicaux  avec antenne chirurgicale qui d’ailleurs n’arrivent pas à assurer la couverture médicale dont nous avons besoin. Je voudrais aller au délà de cette façade qu’on présente aux visiteurs. Allons-y en profondeur. Nos villages qui concentrent la majorité des populations  traduisent le mal être de ce continent. En fait je suis allée un peu trop loin en faisant cas des villages. Le Burkina Faso est un pays que je connais le mieux, ce qui fait que je le citerai en exemple dans ce cas-ci. Une visite dans  les zones périphériques de la capitale Ouagadougou donne un aperçu de  la souffrance des populations. En m’inspirant de la pensée du professeur Joseph Ki ZERBO : « On ne développe pas un pays, un pays se développe »  je me suis buttée à une question  à laquelle j’attends une réponse   combien d’africains arrivent à se développer avec le système de gouvernance et de démocratie mis en place ou encore contraint à être mis en place qui, au finish, n’est pas respecté ?

 Le comportement auto destructeur des dirigeants africains

Le mal est plus profond qu’on ne l’imagine. Selon moi,  sa source se trouve dans le mental. Peut-on être mentalement et physiquement opérationnel quand on nous sert quotidiennement de repas constitués d’images  mentales dévalorisantes au sujet de notre façon d’être et nos pays ? Ou, peut-on  prétendre à une souveraineté,  si on a la corde des institutions de Bretton woods au cou ? Ou encore peut-on espérer un développement collectif si c’est la politique du ventre et du bas ventre qui sont les sports les mieux pratiqués par la classe dirigeante de notre cher continent ? …C’est l’association de comportements atypiques, d’attitudes et de manque de vision pour notre continent constituant ainsi une force négative que j’appelle la « Négrine ».

la « Négrine »ou  comportement auto destructeur  est l’attitude la plus rependue et la mieux partagée chez nos dirigeants, voire l’intelligentsia africaine. Je n’oublie pas les quelques rares exceptions qui ont réussies à se placer au dessus de la mêlée. C’est d’ailleurs cette exception qui confirme la règle.

Le domaine de prédilection  de la « Négrine » est le changement de constitution, le hold up électoral, le bâillonnement de la presse, la confiscation des libertés et des droits fondamentaux. ..

Selon l’économiste sénégalais, Sanou Mbaye  « Les fondations et la quintessence d’une nation se reflètent dans sa Constitution. Elle donne à un pays son caractère, le mode de fonctionnement de ses institutions, les aspirations, les références et les systèmes de valeurs de sa population. ». En lisant cette citation de Sanou Mbaye, je parie que vous comprenez l’instabilité de nos pays. Car combien de fois on a écorché la constitution de nos pays à des fins égoïstes ? La bonne nouvelle à ce sujet est que la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest( CEDEAO) a mis un garde fou aux intentions et tentatives de changement constitutionnel  en adoptant un protocole de convergence constitutionnelle interdisant ainsi à son article 2, tout changement anticonstitutionnel et de tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir. C’est grâce à ce protocole que le Niger a échappé au changement de constitution qu’avait entrepris Le Président Tandja en 2010. Tout en espérant que ce même protocole va sauver le Burkina Faso de la menace de changement qui plane sur sa constitution, je salue son adoption.

Si constitutionnellement nous boitons, il n’en sera pas moins des élections. Je pense que les élections ne sont pas nécessaires en Afrique car, il est rare de voir un président sortant perdre une élection à moins ce que celui-ci ne veille plus du pouvoir. Si non, il reste autant qu’il veut. En réalité nous assistons la plus part du temps à des hold up électoraux sous  leurs formes les plus souples et les plus voilée. L’exemple de la Côte d’Ivoire n’est qu’un aspect brutal et mal entrepris de la chose. Car en Afrique, on copie tout sans discernement: les bons et les mauvais exemples.

Tout ceci n’est que la résultante d’une confusion générale et d’une perte de repères.

Confusion générale parce que nous vivons dans des sociétés acculturées. Nous n’avons plus de repère  ce qui fait qu’on ne sait plus à quel saint se vouer: le Dieu des ancêtres ou  le Dieu de l’occident ou encore le Dieu de la démocratie, du capitalisme et du libéralisme. Nous ne le savons plus. A ce sujet, je citerai un villageois qui m’a une fois dit que : « C’est vous qui êtes allés à l’école qui nous créez des problèmes ».

En définitive, je dirai que nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive car nous méritons les dirigeants que nous avons. Cependant, rien n’est perdu et tout est à obtenir à l’arraché si  nous décidons de changer et de faire changer nos destins. Nous le pouvons. Le Maghreb est en train de nous enseigner.


Boins Yaare, un marché au service de l’ésotérisme

Des hangars exposant les peaux et os à la fermeture du marché

J’étais à ma première année de résidence à Ouagadougou en 2003.J’avais pour Amie, Camarade et voisine de classe Kimsé. Kimsé et moi habitions le même quartier. Nous avions l’habitude d’aller au cours ensemble. Pour cela nous traversions un marché situé en plein centre ville. Ce marché, c’est Boins Yaaré. A chaque fois que nous passions par Boins Yaaré qui est un raccourci pour nous, lorsque nous nous rendions au cours, ma curiosité me démangeait. Je me posais ainsi plein de questions au vu des os, des peaux et des bêtes desséchés qui sont vendu tout au long d’une allée de Boins Yaaré.

Boins Yaaré veut littéralement dire en langue Mooré, marché des ânes. C’était donc un lieu où on vendait des âmes qui étaient jadis le moyen de transport ici à Ouaga même partout au Faso. Aujourd’hui ce marché est un endroit où on trouverait presque tout et notamment de quoi acheter pour des pratiques ésotériques : des os, des peaux, des queux d’animaux, des caméléons secs et vivants, des serpents desséchés, des scorpions vivant, des dents et des yeux de lions…Tout à une utilité et un sens et seuls les acheteurs, les vendeurs, les guérisseurs et les marabouts le savent.

Ousmane Wanré

En longeant la clôture de l’aéroport internationale de Ouaga le mois de Novembre dernier j’ai voulu assouvir ma curiosité afin d’effacer de mon disque dur (ma tête) toutes les rumeurs au sujet de ce marché ésotérique. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Ousmane Wanré vendeur de peaux et de restes d’animaux sauvages. Après un premier entretien, je l’ai rencontré une seconde fois au mois de décembre. Ousmane Wanré a 26ans, il a un hangar rempli « d’animaux utilitaires » desséchés, d’os et de peaux. Il exerce ce métier de vendeur depuis qu’il a 11ans. Au début, il aidait son père à la vente mais aujourd’hui, il a pris le relais. Il s’est volontairement prêté à quelques que je lui ai posé sur son activité.

Q : Bonjour Monsieur Wanré !

Ousmane Wanré : Bonjour !

Q- Vous êtes vendeur de peaux d’animaux séchés, de qui est composée votre clientèle ? Ousmane W- Tout le monde.

Q- Que voulez-vous dire par tout le monde ?

Ousmane W- Toutes les couches sociales : les riche, les pauvres, les jeunes, les vieux, les intellectuels.

Q- Monsieur Wanré, vous dites que vous meniez cette activité depuis plus de 14ans, est ce que vous vivez uniquement de ça ?

Ousmane W. Oui je ne vis que de ça. La preuve est que je passe toute la journée devant mon hangar.

Q : Pouvez-vous me dire à quoi sert tout ce que vous vendez ?

Ousmane Wanré : En réalité, je ne connais pas ce à quoi ça sert tout ce que je vends ici. Mais, je sais ce qu’on peut faire avec quelques animaux. Je sais par exemple que le pic bœuf entre dans la composition d’un remède contre le rhumatisme ; le caméléon séché, lorsque l’on jette sur une fourmilière, permet de déjouer les sorts qu’on vous a jetés. Par ailleurs, j’élevais des scorpions que je vendais. Vous savez, les scorpions servent à préparer le remède permettant de soulager des adultes qui pissent au lit.

Q : Il me semble que vous y connaissiez dans la préparation des remèdes, pourriez-vous me dire quelles maladies vous traitez ?

O. Wanré : Je ne vous direz pas que je m’y connais pas car à force de côtoyer des guérisseurs certains m’ont confié des secrets de préparation de remèdes. Cependant, mon âge ne me permet pas de pratiquer ce que j’ai  appris. Par ailleurs, nous avons un guérisseur ici à Boins Yaaré qui pourra vous donner plus de renseignement par rapport à ce dont vous avez besoin.

C’est ainsi, Que Ousmane Wanré m’a conduit chez Joseph Kaboré Tradi-praticien, qui en plus de la vente d’os et de peaux, propose des remèdes aux clients.

Le guerisseur Kaboré à côté de son hangar

Joseph Kaboré, la cinquantaine révolue, était un soldat. Il est à la retraite depuis quelques années. Selon lui, il veut perpétuer l’héritage de ces parents en proposant des remèdes aux malades.

Je lui ai demandé de m’expliquer l’utilisation et l’usage de quelques os qu’il vend.

« En règle générale, je dirai que  lorsqu’un client vient acheter un article donné, je sais pour quelle raison, il l’achète. Je ne vous mentirai pas la majorité, c’est pour des pratiques de  sorcellerie. C’est par exemple, les yeux de caïman, les yeux de chat noir, le papillon…

Actuellement, ce que j’ai à mon niveau c’est le remède contre la fièvre typhoïde. Ce médicament est exclusivement  fait à base de plantes. Je n’ai pas beaucoup d’éléments à vous fournir sur tout ce que je vends ici. Cependant, sachez que l’os d’âme entre dans la composition du médicament contre la douleur à la hanche, l’os de lion sert à donner des forces à un enfant.

J’avais un ami qui est venu me voir au sujet de son fils qui se faisait battre par tous les garçons de son âge. Je lui ai remis le remède fait à base d’os de lion. Quelque temps après, il est revenu me rendre des témoignages sur les biens faits de ce remède : c’était son fils qui battait tous les garçons du quartier » .

C’est sur ces quelques phrases que Monsieur Kaboré formulât des bénédictions pour moi. Je pris ainsi congé de lui. De retour chez Ousmane Ouédraogo pour lui dire au revoir, il me fit cette remarque. « Tu sais, tu as de la chance, depuis que tu t’es assise à côté de mon hangar j’ai eu plus de quatre (4) clients qui ont acheté des articles ». Comme quoi, la superstition est au rendez-vous, chaque détail compte…


Des habits Europe au revoir pour le 31 Décembre

Un des vendeurs montrant des ensembles tailleurs aux clientes.

 A Ouagadougou, le seul endroit où une partie des uns, des autres et des et cetera se rencontrent c’est bien chez Emile. Au marché du secteur 15, réputé pour la vente de la friperie, la meilleure qualité,  Emile offre des habits, des chaussures et même des montres  de secondes mains venues d’Europe.  Ce 29 Décembre, il est 20h 30, sa boutique ne désemplit pas.  il faut trouver la robe de soirée du 31 Décembre et les clientes gardent espoir face aux tas d’habits  à explorer. 

 Boutique vitrée, à l’intérieure de laquelle plusieurs vendeurs présentent, sous le bruit des ventilateurs brassant de l’air,  des articles à des clientes assises sur des  bancs.  Certaines attendent pendant des heures pour, en fin ,trouver la tenue qui les conviennent suite à de multiples essayages. En ce soir du 29 décembre, il y a urgence car, il faut trouver la robe « chéri regarde mon dos », la jupe et le haut assorti, le pantalon taille basse qu’il faudra porter pour ne pas passerinaperçu.  Tout le monde y trouve son compte. Emile le sait. C’est pourquoi, il a ouvert de nouvelles balles d’habits pour l’occasion.  Depuis le 20 dernier il y a de l’affluence dans sa boutique. Ce jour est plutôt particulier car, il ne ferme pas  boutique  tant que les clientes visitent.

Emile semble trouver la bonne formule puis ce que  parmi tant de vendeur de friperie au secteur 15, il est le seul chez qui presque « toutes les demoiselles et les dames »  de la capitale se retrouvent. Je lui ai demandé de me confier son secret, il m’a tout simplement dit : « je fais venir ce que ma clientèle aime. En plus je pratique un prix abordables. Par ailleurs, tous les habits qui sont ici ne sont pas forcement de secondes mains. On y trouve des invendus et des fins de saisons déstockés qui constituent la balle. Avec de la chance, une cliente peut tomber, par exemple ,sur une robe neuve».Emile refusa d’être pris en photo, il me déclara qu’il n’aime pas prendre  des photos. 

Carole essayant une robe

Tout près des tas de vêtements juste à l’angle gauche de la boutique se trouve la salle d’essayage. Carole une cliente y est. Elle semble trouver ce qui lui faut. Elle l’essaie. A la question, pourquoi avez-vous choisi de venir vous habiller ici ? Elle répond que c’est parce qu’elle peut avoir chez Emile huit (8) robes pour une robe dans une boutique de prêt-à-porter. Elle ajouta qu’elle est sure qu’elle achète une robe de bonne qualité pour ce qui est du tissu et de la couture,  bien qu’ayant déjà été portée. 

Cela me rappelle le dicton qui dit que : « le meilleure vient forcement d’ailleurs  bien qu’on l’a aussi tout près ». Quand à la question de savoir si elle achètera une chaussure avec Emile, elle me répond qu’elle ira en acheter dans une boutique de prêt-à-porter. Les coûts des chaussures sont plus abordables et plus à la mode que celles que Emile Vend. 

Je quitte la boutique de Emile aux environs de 20h45 en laissant quelques clientes qui cherchaient toujours leur tenues de fête. 

  


Noel à Ouagadougou, jour J-1

  

Accotement derrière le Magasin Orca Déco/ Avenue Kwamé Krumah.

Les trottoirs des rues principales de  Ouagadougou  sont en rouge blanc,  vert  et bling-bing depuis quelques jours. Papa noël, sapins de noël,  crèches,  jouets, des bâtiments et des commerces enguirlandés. La musique Coupé décalé notamment, associées aux bruits des engins à deux roues et  des voitures,  annoncent  la fête de Noel tout en  incitant  à la consommation. 

Des sapins de noel et quelques jouets en vente

La fête de la nativité, jour J-1. Les touts petits seront à l’honneur et cela se sent, se voit et se vit à travers les rues de Ouaga. Tous les articles pouvant contribuer à la bonne organisation de la Noel semblent avoir quittés  les magasins pour se retrouver sur les trottoirs. Ce qui est remarquable c’est l’importance de la quantité de pères noël  qu’on rencontre sur ces voies. Des jeunes gens sillonnent  aussi,  les quartiers et les maquis,  pour proposer ces mêmes articles à ceux qui n’ont pas mordu à l’hameçon qu’on leur a tendu au bord des voies. 

  

  

Un vendeur de sapins au 1200 Lgt

Les commerçants semblent faire de bonnes affaires et les chinois sont à l’honneur aux travers des articles qu’ils offrent  à bon marché. Bonjour le monde du synthétique ! Les Papas Noel gonflables,  les sapins de Noel, les crèches en plastique, les guirlandes, le tout made in  China, en fonction de toutes les bourses et pour le  bonheur des touts petits. On trouve des pères Noel dont le coût est compris entre 700Fcfa  et  17 000Fcfa, « mais à débattre », me confia  un jeune vendeur sur l’Avenue Kwamé Nkrumah. 

Les mamans et les grandes sœurs ne sont pas oubliées car à côtés des jouets exposés, elles peuvent s’acheter des pairs de chaussures pour la fête. 

En définitive, on pourrait dire au vu de l’offre, que tout est au rendez-vous , pour que la fête soit belle, pourvu que la demande suive aussi.


Togo: Des arbres séculaires de Kanté donnent naissance à un jardin botanique

       

  
Baobab( Adansonia Digitata). Un aperçu du chemin botanique comprenant deux Baobabs de couleurs grisâtre spécifique à l'Afrique de l'Ouest. On en trouve de couleur rougeâtre à Madagascar.   

  

Kanté, à 503 km au nord de Lomé, un chemin long de dix kilomètres (10kms) présente des espèces d’arbres en majorité séculaires et spécifiques à l’Afrique . Ce chémin est transformé en jardin botanique. Tout au long de ces dix kilomètres(10kms) vous pourez non seulement admirer ces arbres mais aussi apprendre leur nom scientifique, leur nom Français et leur nom en langue locale.  

Après le sommet de Cancun sur le réchauffement climatique, Actualité oblige.  Je me suis rappelée les quelques images que j’ai  prises à Kanté, le  25 octobre dernier Il est de coutume chez nous, d’apporter quelques présents de retour de voyage à ceux qui sont restés au pays. Mises au frigo depuis ce temps, j’ai voulu partager ces images toutes fraîches avec mes amis mondoblogeurs et évidemment ceux qui feront un tour sur mon blog. Espérant qu’elles donneront du plaisir à vos yeux.  

Le jardin botanique a été inspiré par Isabelle Dauchy, qui n’était pas intéressée par les affaires de crédit carbone mais plutôt fascinée par la beauté naturelle de ce paysage qui n’attendait que d’être mise en valeur. Isabelle dauchy est française évoluant dans le domaine associatif d’aide et d’entraide au développement des communautés locales au Togo. C’est ainsi qu’elle a entrepris avec Hervé, professeur à l’université de Kara, de recenser tous les arbres du périmètre consacré au jardin, en les étiquetant avec des écriteaux sur lesquels vous pourrez lire le nom scientifique de chaque espèce végétal, son nom français  en fin son nom en longue local.    

Voici quelques images sélection nés pour vous.   

Aperçu du chémin botanique

 

Tronc du Baobab à coté duquel vous avez un arbre à tabac(Oncoba Spinosa).Le tronc du baobab peut atteindre 9m de diamètre et 30m de circonférence.Il constitue une importante réserve d’eau qui leur permet de supporter les conditions climatiques sévères. Ce tronc renflé rempli d’eau leur a même valu le nom « d’arbre bouteille ».

 
                             

 

Fugier ( ficus SPP). Arbre pouvant atteindre 20m de hauteur.
Fruit du Baobab appelé "pain de singe". la pulpe sèche est transformée en poudre et en jus.
Les oies domestiques du jardin botanique

   

  

    

 

  

        

 
 
 

Je suis la fourmilière de dagnouin

 

Je suis une fourmilière. Vous me trouverez à Dagnouin, au bord d’une ruelle, non loin du cimetière où repose le Président Thomas Sankara. Les fourmis m’ont construite par excavation afin que je puisse les abriter. Je suis sensée garantir leur sécurité et les protéger des intempéries. Mais hélas, tout comme la plus part de mes  sœurs fourmilières au Faso, les Hommes par leur coutume et culte  m’ont attribuée d’autres fonctions : je sers d’intermédiaire entre le monde réel et le monde immatériel.

On laisse tomber des œufs sur moi. Certains déversent des racines de plantes médicinales avec lesquelles, ils se sont soignés. Mieux encore, je ne suis pas une marmite alors que je reçois du sel, du mil, du sorgho, du sésame… Aussi, je ne suis pas une bourse, mais je garde des pièces de monnaie, des coris. Je ne suis pas un autel mais certains égorgent des animaux sur moi.

Tout cela me rappelle l’harmonie que les hommes forment avec les éléments de la nature.

Ce que je me suis toujours demandée, pourquoi moi ? Je me suis alors rappelée le  bouc émissaire dans la culture juive. Je  permets donc  aux hommes de se décharger de leurs fardeaux, de leur maladie, de leur inconfort, de recevoir une bénédiction retardée par les mauvais génies… car je reçois des sacrifices expiatoires et propitiatoires.


Sylvie et Sylvain ne sont pas des Mendiants

Sylvie et Syvain avec leur mère

 

Sylvie et Sylvain sont des jumeaux dizygotes âgés de cinq (5) ans. Leur mère, Assana, les fait promener depuis qu’ils ont quelques mois d’existence. Aujourd’hui, ils sont assis au bord de la voie, place rond-point de la patte d’oie, à Ouagadougou, au même titre que les mendiants. Pourtant, ils ne sont pas des mendiants. Assana,  obéirait au souhait des jumeaux en les soumettant à la mendicité. 

 Sylvie et sylvain font partie des jumeaux qu’on pourrait rencontrer sur les rues de Ouagadougou. Accompagnés de leur mère, à défaut de terme approprié, je dirai, ils quémandent toute la journée. En principe, le terme mendicité ne sied pas dans  leur cas parce que, ce serait une loi de la tradition que les parents des jumeaux doivent accomplir afin que les jumeaux restent en bonne santé et que les parents eux même, soient épargnés des malédictions qui pourraient les frappés par désobéissance. 

  Les jumeaux sont considérés, dans certaines traditions, comme des êtres dotés d’une capacité mystique, dictée par les génies qui les habitent. Ce serait ces génies qui sont responsables de leurs conduites et de leurs souhaits. Ce qui s’explique par le fait que, certains jumeaux ne mendient pas, pendant que d’autres le font. Assana et d’autres mères de jumeaux m’ont expliquée que c’est suite à une observation qu’elles se sont rendues compte de la nécessité de faire promener leurs enfants car ’ils tombaient souvent malades. En les faisant mendier, ils guérissaient.

paniers à jumeaux

Par ailleurs, d’autres mères s’abstiennent de faire mendier leurs jumeaux en gardant dans leur demeure deux petits paniers identiques où elles mettent quelques coris et des pièces de monnaie. C’est selon le souhait des jumeaux.

Le fléau de la mendicité qui touche presque toutes l’Afrique de l’ouest, fait qu’on ne saurait distinguer les parents de jumeaux qui obéissent à la tradition et ceux qui en ont font une source de revenu.

 

 

Quant à Sylvie et Sylvain, d’après les propos de leur maman, ils iront à l’école à la rentrée scolaire 2011-2012 mettant ainsi fin à leur mendicité.